Faire un mémoire rapidement : comment écrire 30 pages en une semaine ?

Si vous lisez ceci, c’est probablement car vous êtes en retard dans la rédaction de votre mémoire de fin d’études et que vous cherchez des astuces pour l’écrire plus vite. Ne vous en faîtes pas, j’ai été dans ce même cas. Je vais vous raconter mon retour d’expérience sur les plans d’actions à mettre en place pour rédiger sa thèse.

J’ai envisagé d’abandonner mes études supérieures au début de ma 2ème année de doctorat.

J’étais presque certain qu’il n’y avait aucune chance que je puisse obtenir mon diplôme cette année-là.

J’ai souvent été en stage et lancé plusieurs projets universitaires avec des résultats pitoyables. La plupart de mes données étaient incohérentes et ne soutenaient aucune de mes hypothèses.

Je me sentais coincé et prisonnier de ma propre vie.

L’ironie, c’est que je m’étais créé cette vie parce que je pensais que l’obtention d’un doctorat était la voie vers une vie meilleure et un emploi qui me passionnerait.

J’ai finalement trouvé le courage d’avoir « la discussion » avec mon directeur de mémoire et de clarifier une fois pour toutes ce que je devais faire pour obtenir mon diplôme.

Comme je m’y attendais, je n’avais pas le choix que d’utiliser dans ma thèse qu’une toute petite partie des données que j’avais recueillies jusque-là.

Mon superviseur m’a confié une soutenance académique et j’ai dû apprendre à utiliser trois nouveaux instruments avec lesquels je n’avais aucune expérience préalable.

Si je voulais obtenir mon diplôme en un an, je devais faire en sorte que ce projet fonctionne.

Afin de respecter ce délai ambitieux, j’ai décidé d’allonger mes journées de 10-12 heures à des journées de 15 heures et d’apprendre la méthode dont j’avais besoin pour le nouveau projet.

Après 5 mois, j’ai enfin pu générer quelques données reproductibles avec mon nouveau dispositif expérimental.

Je devais encore faire passer des centaines d’échantillons dans mon système, mais j’avais enfin l’espoir d’obtenir mon diplôme ce semestre-là.

Le problème, c’est que la date limite de dépôt de la thèse et la soutenance était dans 3 mois et que je ne savais pas par où commencer.

Quelle partie devais-je écrire en premier ?

Comment organiser mes données ?

Comment faire pour le rédiger en 1 mois ?

Il me fallait un guide ou une méthodologie alpha.

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7 conseils utiles pour rédiger un mémoire rapidement

Mes journées de 15 heures se transformaient en journées de 18 heures, alimentées par de la malbouffe et des sodas.

Et pourtant, je n’arrivais à rien.

Personne ne m’avait appris à rédiger 30 pages en une semaine.

Pour aggraver les choses, j’étais perfectionniste.

J’ai passé un nombre incalculable d’heures à écrire des lignes et réécrire des paragraphes et à faire des allers-retours entre différents chapitres parce qu’aucune des sections ne me semblait jamais « assez bonne ».

Finalement, alors que j’étais en train de m’épuiser et de tomber dans un cycle sombre de dépression, d’anxiété et de désespoir, j’ai terminé mon mémoire en 3 mois.

En remettant le document à mon comité de thèse, je me souviens avoir pensé…

Il doit y avoir une meilleure façon de faire.

Au cours des années qui ont suivi la fin de mon mémoire, j’ai commencé à étudier le processus et à créer un système plus efficace pour rédiger mon projet de fin d’études.

Depuis lors, j’ai formé des centaines de doctorants à la rédaction de leur thèse et la préparation de leur soutenance.

Voici 7 conseils sur la façon de faire un mémoire plus rapidement, que j’ai appris et que je continue à enseigner à d’autres étudiants en doctorat…

1. Toujours se référer à votre problématique

Vous devez toujours savoir quelle est votre hypothèse ou quelles sont les questions posées par votre mémoire.

Cela peut sembler évident, mais tant d’étudiants diplômés ne définissent pas leur problématique globale avant de commencer leur thèse.

Vous devez être capable de résumer votre thèse en une seule phrase, par exemple : « Le but de cette recherche est de… ».

Si vous ne savez pas quelle est la problématique ou l’hypothèse de votre étude, rencontrez votre directeur de mémoire (voir le point 3 ci-dessous).

Au fil des ans, j’ai rencontré quelques exceptions à cette règle.

Par exemple…

Certains étudiant de master ont passé 5 ou 6 ans (à temps plein) à l’école ou en stage pour travailler sur de nombreux petits projets parce qu’aucun projet n’était suffisamment viable pour faire l’objet d’un mémoire entier.

Ces étudiants ont eu ce que j’appelle un mémoire sans plan (ou bordelique)

La seule raison pour laquelle le directeur de mémoire a laissé ces étudiants obtenir leur diplôme est qu’ils avaient fait des études depuis un certain temps.

Bien qu’il soit possible de rassembler un groupe de petits projets en une seule thèse, vous ne voulez pas être à la merci de votre supérieur académique.

Il est préférable de toujours savoir quelle question vous posez.

Votre question évoluera probablement avec le temps, mais plus vous aurez une idée claire de l’objectif de votre mémoire, plus vous le rédigerez très vite.

2. Répartissez votre mémoire en plusieurs étapes

La rédaction d’un mémoire est un processus comportant des plans bien définies.

Les détails de chaque étape varient légèrement en fonction de votre domaine, mais pour la plupart des étudiants en Master 2, les étapes sont les suivantes :

  1. la collecte des idées,
  2. la révision et l’analyse des données
  3. le lissage.

Les perfectionnistes (comme moi) ont tout intérêt à diviser leur rédaction en parties distinctes.

Le but de la première étape de l’écriture est de mettre sur papier le plus grand nombre d’idées possible, sans juger, éditer ou formater votre document.

En vous autorisant à rassembler vos idées sans critique, quelques choix s’offrent à vous : vous pouvez stimuler votre créativité et surmonter la peur de l’imperfection qui vous retient peut-être de commencer à rédiger votre mémoire rapidement.

C’est au cours de la deuxième phase, celle de la révision et de l’analyse des données, que vous devez faire preuve de rigueur dans la rédaction.

À la fin de la deuxième phase, votre objectif est de produire un support présentant une structure claire et un flux logique d’arguments, afin de pouvoir le soumettre à votre superviseur pour examen.

Dans la dernière phase, le lissage, vous devez tenir compte des commentaires de votre supérieur académique et combler les lacunes de la logique.

Lissez, lissez et lissez encore et encore jusqu’à ce que votre document soit mise en page remis à la bibliothèque de votre université.

N’oubliez pas d’inclure toutes vos sources dans une bibliographie bien sûr. C’est l’un clé d’un bon rapport académique.

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3. Ne vous fiez pas à votre responsable pédagogique

Votre responsable pédagogique ne vous donnera pas toutes les réponses.

Certains conseillers sont trop occupés pour vous encadrer correctement ou sont des micro-managers qui veulent être informés quotidiennement de vos progrès.

D’autres responsables académiques sont tout simplement de mauvais mentors qui ne sont ici que pour prendre leur billet.

Quoi qu’il en soit, vous ne devez pas compter sur votre mentor pour vous donner toutes les réponses.

Vous ne devez pas non plus compter sur votre conseiller pour une deuxième raison…

La rédaction de votre mémoire est le fruit de votre travail et uniquement votre travail.

Le rôle de votre directeur pédagogique est de vous encadrer pour que vous appreniez à devenir un chercheur indépendant, et non de vous tenir la main pour le reste de votre vie.

Il peut être ou non un bon mentor, mais vous devez être d’accord sur l’orientation de vos recherches, car vous avez besoin de son approbation pour obtenir votre diplôme.

Si vous avez des désaccords, ou si votre projet est sans issue, il faudra peut-être plusieurs rencontres pour déterminer le plan général de votre thèse.

La façon la plus efficace de faire un point avec votre responsable académique est de planifier les réunions longtemps à l’avance et de se présenter à chaque réunion avec un ordre du jour clair.

Les étudiants qui planifient de manière proactive avant de parler avec leur directeur de mémoire ont des réunions beaucoup plus efficaces que ceux qui ne planifient pas.

Si c’est une personne difficile, continuez à être proactif dans la planification des réunions et dans la recherche de solutions à vos problèmes.

Tenez un support de toutes les réunions que vous tenez ou de toutes les réunions qu’il refuse de tenir avec vous.

Enfin, recadrez votre situation en une expérience d’apprentissage pour votre carrière.

4. Soyez conscient que vous n’aurez jamais envie de gratter

Vous n’aurez jamais envie de faire votre mémoire. Pas le choix.

En effet, même les auteurs les plus célèbres et les plus prolifiques de l’histoire ont dû lutter quotidiennement contre le syndrome de la page blanche.

Vous ne serez pas différent. Il y aura des moments où vous vous mettrez à copier du texte tout en voulant vous pendre. Je connais.

Ce n’est pas grave, commencez à noter du charabia. Tapez des fragments de phrases, du texte moyennement réfléchis. Gribouiller n’importe quoi. Mettez juste quelque chose sur le papier.

Et aussi…

N’attendez pas d’être inspiré pour écrire du texte. Au contraire, sortez et cherchez l’inspiration.

Écoutez de la musique qui vous met d’humeur à gratter des lignes. Regardez une courte vidéo qui vous motive à agir. Visualisez toutes les choses que vous ferez une fois votre thèse terminée.

L’échauffement de vos « muscles cérébraux » et la recherche d’inspiration sont les seuls remèdes au blocage du rédacteur.

Une fois que vous serez échauffé et inspiré, les mots commenceront à couler plus naturellement. Ils peuvent même commencer à former des phrases et des paragraphes cohérents.

Au fil du temps, votre période d’échauffement sera de plus en plus courte, jusqu’à ce que le fait de passer à la vitesse d’écriture devienne une habitude automatique.

5. N’écrivez pas votre mémoire dans l’ordre

Lorsque j’ai commencé à rédiger ma thèse, je pensais que je devais commencer par le résumé, puis l’introduction, puis une recherche documentaire approfondie, puis le chapitre 1, le chapitre 2, et ainsi de suite jusqu’à la conclusion.

C’est la pire façon de rédiger son mémoire.

Donnez vous le choix de l’ordre dans la production de vos recherches.

Rédiger son projet de fin d’études dans l’ordre peut conduire à plusieurs mois d’angoisse de la page blanche.

Pour rédiger votre mémoire rapidement, ne le commencez pas en rédigeant d’abord le résumé.

Au contraire, le résumé de votre thèse doit être la dernière section que vous rédigez.

Par définition, le résumé est un condensé des points forts de votre étude, et vous ne devriez donc être en mesure de rédiger un résumé de qualité qu’après avoir terminé tous vos chapitres.

Ne commencez pas non plus à rédiger votre mémoire en vous plongeant dans le chapitre le plus difficile.

Si vous le faites, vous serez inévitablement confronté au blocage du rédacteur.

Commencer votre mémoire en écrivant d’abord le chapitre le plus difficile, c’est comme essayer de soulever un poids de 150kg sans entraînement au préalable.

Vous continuerez à essayer de soulever ce poids lourd sans succès jusqu’à ce que vous soyez complètement épuisé. Finalement, vous abandonnerez complètement et vous vous direz que vous n’êtes tout simplement pas assez bon pour faire cet exercice.

Commencez plutôt à rédiger en commençant par la section la plus facile, celle des méthodes.

La section sur les méthodes est la plus facile à commencer et la plus rapide à terminer. Commencez ici pour avoir quelques pages à votre actif et renforcer votre confiance en vous avant de vous lancer dans des travaux plus lourds.

6. Ne créez pas une note « travailler le mémoire » dans votre calendrier

« Faire le mémoire » est trop vague.

Si vous inscrivez cette phrase dans votre agenda, elle vous conduira soit à faire une sieste, soit à surfer sur le Web, soit à regarder un écran d’ordinateur vide.

Même si vous parvenez à aligner des mots sur le papier ou à analyser des données, vous le ferez maladroitement.

Au contraire, vous devez transformer vos heures de travail en progrès mesurables.

Vous devez être très délibéré dans la façon dont vous répartissez votre temps.

Une fois que vous avez décidé de l’ordre dans lequel vous allez rédiger vos chapitres, continuez à les décomposer en petits morceaux.

En effet, cela vous permettra de fixer des objectifs spécifiques pour chaque bloc de temps dont vous disposez.

Au lieu d’insérer « rédiger le mémoire » dans votre calendrier, insérez des objectifs mesurables comme « terminer la figure 1 » ou « travailler deux pages du chapitre 2 ».

7. Écrivez par séquences très courtes

Il est plus efficace d’écrire en plusieurs courtes salves que de rédiger des lignes et des lignes en quelques longues périodes.

Si vous travaillez pendant plusieurs heures d’affilée, vous avez peut-être remarqué que votre concentration s’affaiblit après environ 45 à 60 minutes.

L’écriture requiert de la créativité, et il est difficile de maintenir votre concentration pendant plusieurs heures d’affilée au fil des mois (voire des années) jusqu’à ce que vous terminiez votre mémoire.

Si vous disposez d’un bloc de 3-4 heures dans votre calendrier, résistez à la tentation de vous coller à la chaise durant toute la période.

Vous vous trompez seulement si vous pensez que plus d’heures d’écriture vous font progresser.

Au lieu de cela, divisez votre temps d’écriture en blocs courts entrecoupés de périodes de repos.

Je suggère d’alterner 45 minutes d’écriture et 15 minutes de repos.

Ces périodes de repos sont cruciales. De nombreux étudiants ont des idées soudaines lorsqu’ils sont loin de leur bureau et ils deviennent plus efficaces lorsqu’ils se remettent au travail.

Aussi…

Désactivez vos alertes e-mail et votre téléphone lorsque vous écrivez.

Ne soyez pas tenté de vérifier vos notifications pendant les périodes de repos. Le but de cette temps de pause et de rafraichir votre cerveau et non de l’alimenter de nouvelles informations.

Il est difficile de se défaire des mauvaises habitudes d’écriture. Si vous essayez d’éliminer vos mauvaises habitudes du jour au lendemain, votre cerveau et votre corps pourraient se rebeller contre vous. Une meilleure stratégie consiste à changer vos habitudes lentement et une par une.

N’abordez pas les sept directives de rédaction de thèse ci-dessus en même temps.

Attaquez-vous plutôt à l’une d’entre elles, terminez-la ou maîtrisez-la, puis passez au conseil suivant. La partie la plus difficile de la rédaction est le début.

En effet, plus vous commencez tôt à rédiger votre mémoire, plus il devient facile à gratter.

Un bon rédacteur n’est pas quelqu’un qui n’a jamais de difficultés, mais quelqu’un qui continue à écrire même lorsqu’il a des difficultés.

8. La relecture après chaque session

Le relecture est une étape indispensable pour garantir la qualité du mémoire.

Cela permet de corriger les erreurs et les imperfections, à l’intérieur du texte, qui peuvent s’être glissées après plusieurs sessions de travail.

Votre mémoire en sera d’autant plus cohérent.

Elle nécessite une attention particulière car elle arrive en générale à la fin de votre période de rédaction. C’est une méthodologie fastidieuse mais nécessaire.